Courrier des lecteur.es

Nigel Lindup, membre de l’Association des Riverain.es de l’Aéroport de Genève, réagit à l’interview du directeur de l’aéroport, M. Schneider sur la fiche PSIA (Le Matin, 07.03.18) :

Dans le dossier complexe de l’aéroport de Genève, un discours apparemment transparent obscurcit parfois la réalité. La Newspeak (novlangue) de George Orwell (1984) guette.

Par exemple, le Directeur-général de l’aéroport nous rassure que «la croissance n’est pas une fin en soi» (7 mars). Mais la fiche fédéral pour l’aéroport (PSIA) ne parle que de croissance! La Confédération veut que l’aéroport puisse «se développer de manière à répondre à la demande»; elle veut «étendre l’exploitation de l’aire Nord de 22h à 24h»; et se fixe «l’objectif de viser» une capacité déclarée de 47 mouvements par heure à l’horizon 2030, contre 40 actuels.

M. Schneider présente la renonciation à l’usage de la tranche 5h-6h comme une concession aux riverains au nom d’une «croissance qualitative». Or, si l’exclusion des atterrissages entre 5h et 6h est bien un choix de Genève Aéroport – dont nous sommes dûment reconnaissants – les décollages, eux, sont simplement interdits par la loi fédérale.

Le Directeur admet que le PSIA ignore la question du climat, mais l’aéroport serait lié «par d’autres accords sur l’environnement». Mais le Plan climat cantonal exclut explicitement l’aéroport des calculs et mesures applicables à d’autres secteurs de l’économie. L’objectif général de ce Plan est de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990, tandis que pour l’aéroport c’est de stabiliser les émissions au niveau de 2014. Étant donné que les émissions totales en GES de l’aéroport sont à peu près égales à celles du secteur résidentiel (p. ex chauffage), tous les efforts amenés dans ce dernier seront annulés par le développement débridé du trafic aérien.

Enfin, la politique aéronautique 2016 de la Confédération prône le développement durable, qui comporte trois volets égaux: l’environnement, le social (p.ex. la santé) et l’économie. De plus, elle reconnaît que davantage d’efforts sont requis dans les deux premiers si on veut atteindre un vrai équilibre. Pourtant, le PSIA fait fi de ces engagements en priorisant systématiquement le volet économie. Donc si quelqu’un le décrit comme «très équilibré», je soupçonne l’influence du Ministère de la Vérité de Monsieur Orwell.

Nigel Lindup (ARAGge)

 

 

Ecorating.ch

Ecorating, spécial élections
cantonales genevoises 2018 
 

La CARPE regroupe un ensemble d’associations tant environnementales que riveraines qui s’engagent fortement pour une limitation des nuisances engendrées par l’aéroport de Genève. Ceci comprend les problématiques liées au bruit, à la pollution de l’air ainsi qu’aux émissions de CO2. Nous présentons ici les résultats issus de l’ecorating mené par le WWF, l’ATE et Pro Natura pour les élections genevoises 2018.

Nous avons sélectionné les réponses concernant directement les activités de la CARPE. Au vu des résultats du questionnaire, nous souhaitons réaffirmer l’importance de se doter d’une politique cohérente en matière de transport aérien à Genève. Refuser l’augmentation massive des passagers prévue par la Confédération devrait aller de pair avec un soutien à l’initiative de la CARPE « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de genève », qui constitue un outil constitutionnel. Notre coordination sera donc attentive au suivi des politiques mises en place pour la prochaine législature afin de garantir la cohérence des engagements pris.

Nous poursuivons ainsi nos objectifs de diffusion et d’échange d’informations sur les conséquences de la croissance effrénée de l’aéroport. Ceci passe par un engagement, avec tous les moyens à notre disposition, pour influencer les décisions concernant le développement de l’aéroport, afin qu’il soit respectueux de la population et de l’environnement.

Réponses des candidat.es aux questions suivantes:

  • Question 1 : Soutenez-vous l’initiative populaire de la CARPE « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève » ?
  • Question 2 : Soutenez-vous la volonté de la Confédération d’augmenter le nombre de passagers à l’aéroport de Cointrin de 15 millions à 25 millions (+60%) en 12 ans ?

Table ronde

PSIA, développement de l’aéroport de Genève et des nuisances: 
un regard de Berne et d’Europe
 

Jeudi 22 mars 2018 À 19h30

En présence de :
Marcel G. Zuckschwerdt, directeur suppléant de l’OFAC
Ludovic Schneeberger, chef du projet PSIA Genève à l’OFAC
Dominique Lazarski, présidente de l’Union européenne contre les nuisances aériennes

Modération : Eric Lecoultre, Le Courrier

Université Ouvrière de Genève
Place des Grottes 3, Genève

Courrier des lecteurs

Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier a réagi à l’annonce de la neutralité en carbone de l’aéroport de Genève (Tribune de Genève, 26.01.18) :

L’aéroport de Genève annonce fièrement le 26 janvier 2018 que son bilan carbone a reçu la note 3+ et que, grâce à son achat de droits d’émissions en 2017, il va pouvoir financer des projets en Chine et au Kenya. Génial ! on est contents pour eux.

Et pour la pollution engendrée par les décollages et atterrissages au-dessus de nos têtes, on fait quoi ? On demande aussi à la Chine et au Kenya d’accueillir nos vols ?

Anne-Lise Robert-Nicoud

 

 

Courrier des lecteurs

Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier a réagi suite à la diffusion, le 25 janvier 2018 d’un Temps Présent consacré au « bruit qui rend fou »:


A propos de l’’émission Temps Présent du 25 janvier consacrée au bruit, j’aimerais revenir sur les propos tenus par M. Schneider, Directeur de l’aéroport de Genève, lorsqu’il dit (minutes 35’01’’-35’30’’, je cite) : (…) Et on a fortement réduit le trafic aérien après 10h (=22h). Pour tout ce qui se passe après 10h (=22h), on doit prendre des précautions supplémentaires. Nous envisageons aussi de limiter le type d’avion qui pourra encore venir à ces heures-là, en tout cas pour des gros porteurs, en imposant des types d’avion qui ont au fond beaucoup moins de bruit.

Je suis la personne de Vernier qui, à la minute 14’36’’, affirme que les vols de nuit sont en augmentation.

Alors, qui, de M. Schneider ou de moi-même, dit vrai ?

En s’appuyant sur les statistiques de l’aéroport et pour un reportage enregistré au printemps 2017, voici ce qu’on peut constater :
a) Entre ‘2016’ et ‘2017’, pour la période janvier à avril, l’augmentation des vols de nuit a été de 1,2 %.
b) À fin novembre 2017, l’augmentation des vols de nuit a été de 2% par rapport à 2016
.

Quant au ratio vols de nuit / vols de jour, il n’a pas cessé d’augmenter : en 2000, ce ratio était de 3,5% : en 2016, il était de 5,4%.

Alors, une diminution, vraiment ?

Par ailleurs, la précision « en tout cas pour les gros porteurs » suggère qu’il n’y aura pas de limitation pour les autres types de vols.

Quant à l’idée que les avions pourraient être choisis (cf. « nous envisageons ») moins bruyants au-delà de 22h, le site de l’ARAG permet à chacun de se faire une idée des pics de bruit engendrés aussi bien par les gros porteurs que par les avions low-cost aujourd’hui, après 22h00.

Finalement, il est regrettable que M. Schneider omette d’annoncer les conséquences que la fiche genevoise du PSIA (=Protocole réglant le trafic aérien à Genève jusqu’en 2030) aura sur les riverains. Cette fiche PSIA montre clairement aux pages 17,18 et 20 qu’il est prévu d’augmenter le trafic aérien , notamment de nuit, sur décision de l’Office Fédéral de l’Aviation Civile.

Aux pages 27-28 du PSIA (Explications) il est spécifié, que :
a) à moyen terme (2019), il y aura  7600 mouvements entre 22h00 à 23h00 et 3800 mouvements entre 23h00-24h00 (marge à 00h29 pour les retards), soit 11’400 en tout (contre 10’212 pour 2016)
b) à long terme (2030), il y aura 8’300 mouvements entre 22h00 et 23h00, et 3’300 mouvements entre 23h00 et 24h00 (en fait 00h29), soit un total de 11’600.

Il paraît évident que les propos de M. Schneider ne reflètent pas la réalité présente et qu’il omet d’annoncer la réalité à venir pour les riverains si le PSIA est adopté en l’état.

Je me devais d’apporter ces précisions pour que le débat soit équilibré et que chacun puisse se faire une opinion juste des faits et des enjeux liés au bruit aéroportuaire genevois.

Anne-Lise Robert-Nicoud